Créations

Théâtre Court

Nous avons élaboré depuis plusieurs années un type de création théâtrale autonome qui nous paraît répondre à notre volonté d’’inscrire le Théâtre des Travaux et des Jours dans la création théâtrale en relation avec notre mission de théâtre-action.

Nous l’’avons appelé « théâtre court » : il prend la forme d’’un spectacle d’’environ 40 minutes suivi d’un débat.

Le « théâtre court » s’’inscrit dans la vie locale. Il ne se satisfait pas d’’un contenu fut-il critique. Il ne faut pas simplement inviter le public à un spectacle, il faut organiser sa venue. Concrètement, le théâtre court s’inscrit dans l’’animation et dans l’’action sur le terrain, dans des actions réalisées par/ avec des associations sociales diverses ou par des institutions sociales (type CPAS,…).

Ces actions sont conçues pour révéler des « problèmes » sociaux (ou d’’autre nature) et susciter l’’expression de besoins, de demandes de la part de public qui déboucheront, par la suite, sur diverses activités organisées par les associations ou institutions locales (atelier poterie, aide à la recherche d’’un logement, etc…). Les personnes concernées par ces activités ont leur propre rythme, leur propre localisation et leurs spécificités. L’’animation doit adopter ce rythme.

En parallèle à ces activités nouvelles, un groupe de création artistique est mis en place par le Théâtre des Travaux et des Jours. À partir des problèmes et des situations évoqués, une écriture va pouvoir être créée. De là découlera ensuite, le jeu théâtral. Celui-ci deviendra un spectacle. Il sera toujours complété par une animation/débat. De la sorte il réintègre l’’ensemble de l’’animation socioculturelle menée dans les lieux, les associations et les services proches du propos « théâtralisé ». De cette manière et à force de « tourner », l’œ’œuvre fait progressivement partie de la vie culturelle locale, de l’’animation socioculturelle locale et du travail des services de proximité concernés. Elle fait alors sens et malgré l’’évolution asymétrique ou disparate de ces groupes, ceux-ci ont un lien commun : le spectacle. Il devient une base symbolique pour réenclencher le processus de création et d’’animation.

C’’est dans ce cas précis, parce qu’’il est reconnu par une population qui lui donne une légitimité et parce qu’’il représente une dynamique effective d’’actions que ce spectacle théâtral est artistique, il fait partie de l’’art.

La nécessité d’un théâtre court est ainsi dictée par trois notions incontournables:

– Premièrement par un choix culturel et social localisé par l’’urgence de l’action.

– Deuxièmement par les conditions socio-économiques du travail artistique.

– Troisièmement à cause des modalités pratiques de la réception locale limitée d’’une œœuvre.

Voilà les trois axes fondamentaux qui justifient le choix conceptuel de « court »…
Le processus de création d’un théâtre court est inverse à celui de la création classique, qu’elle soit moderne ou contemporaine.

La création classique légitimée par le monde de l’’art et les instances politiques est institutionnellement dénommée « art ». Symbolique d’’une classe cultivée, ce n’’est qu’après cette légitimité que cet art (forme et contenu) rencontre la population, se décentralise, se démocratise, s’’apprend et se commente.

Dans notre cas, le spectacle ne peut devenir art qu’’après la légitimité donnée par son public « non cultivé », c’’est-à-dire la population, les associations, les services concernés par le propos. Celui-ci est assez différent d’’un groupe reconnu expert et d’’un public auto défini comme cultivé. Le spectacle devient donc art grâce à la démocratisation culturelle. Il le devient dans celle-ci et non avant elle. Ces deux systèmes ne sont pourtant pas antagonistes. Ils sont parallèles.

Par cette conception de « Théâtre Court », nous pensons répondre le plus justement possible, à la cohérence entre la création de spectacle et notre mission de servir principalement les populations défavorisées culturellement ou socialement.

reconnue et subventionnée par la CFWB